2018 · L'ambition
Une vision systémique pour transformer le maraîchage
Quatre chantiers sont identifiés pour la transformation durable de la filière : l'Accès à l'eau, la gouvernance de la ressource, les Techniques de production et le marché.
2018
Le constat de départ
Le nord du Bénin dispose d'un potentiel hydraulique important. Qualifiée à juste titre de « château d'eau du Bénin », avec une pluviométrie annuelle de 1 000 à 1 300 mm, la région de l'Atacora-Donga constitue l'un des principaux bassins de production maraîchère du pays. La filière y est pourtant tenue par plusieurs contraintes structurelles.
L'eau s'échappe vers les grands fleuves du fait de l'inclinaison du relief, et moins de 0,5 % des terres agricoles sont équipées pour l'irrigation. La faiblesse des rendements traduit ensuite une conduite des cultures peu adaptée, un accès limité aux intrants de qualité et une gestion de l'eau peu efficace. Enfin, la configuration du marché joue contre les producteurs : peu informés des cours, ils affrontent des prix dont la variation annuelle atteint 1 400 % sur la tomate et 566 % sur l'oignon.
C'est dans ce contexte, et devant des difficultés que producteurs, collectivités et partenaires techniques constataient tous, qu'est né le projet Drops4Crops.
·La réponse
Une vision portée par quatre chantiers

WP 2 · L'eau
Utilisation efficiente de l'eau
Porteur : CSF‑Bénin, entreprise privée
L'arrosage à l'arrosoir requiert jusqu'à quatre heures par jour et consomme 121 m³ d'eau par hectare. Aucun équipement d'irrigation à la fois robuste et abordable n'est disponible localement.

WP 3 · La ressource
Gestion intégrée des ressources en eau
Porteur : Protos, partenaire eau du consortium
En saison sèche, la ressource manque et rien n'organise son partage : ni règles d'usage entre maraîchers et éleveurs, ni mécanisme pour entretenir les ouvrages une fois construits.

WP 4 · La production
Amélioration de la production agricole
Porteur : DEDRAS, ONG béninoise
Les rendements restent bas, itinéraires techniques inefficaces, l'accès aux espaces de production est faible, en particulier pour les femmes.

WP 5 · Le marché
Commercialisation et accès au marché
Porteur : URCooPMa, union régionale des coopératives maraîchères
Isolés, les producteurs vendent bord champ à des commerçants qui fixent unilatéralement le prix. Rien n'organise la mise en marché collective, et les femmes en sont les premières pénalisées.
tonnes/an But viséVolume commercialisé via URCooPMa, avec un taux de captation de 75 %
Le pari du PPP
Le partenariat public-privé (PPP) au cœur du projet Drops4Crops (D4C) est une approche hautement stratégique mais complexe. Le montage du projet repose sur la complémentarité et l'engagement de trois acteurs principaux.
| Engagement | Attentes | |
|---|---|---|
| Pilier public Les cinq communes Djougou, Natitingou, Ouaké, Péhunco, Tanguiéta | Maîtres d'ouvrage : elles mettent à disposition le foncier des bas-fonds, investissent dans l'exhaure et le stockage, et assurent la facilitation politique et administrative. | Des sites productifs sur leur territoire, et les retombées économiques qui vont avec. |
| Pilier privé CSF-Bénin Centre Sainte Famille, d'origine burkinabè | Conçoit, fabrique et vend le matériel d'irrigation économe en eau. | Un marché d'équipements durable, une fois le projet terminé. |
| Pilier bénéficiaire L'URCooPMa Union régionale des coopératives de producteurs maraîchers | Gestion quotidienne des sites, commercialisation collective des récoltes, collecte des redevances d'eau destinées à l'entretien des équipements. | Des revenus réguliers et un outil de production qui reste en état. |
Woord en Daad, chef de file, DEDRAS et Protos facilitent la coordination et la mise en œuvre.
Des hypothèses à éprouver
L'ambition du projet repose, au départ, sur des hypothèses qui attendent d'être testées.
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Le coût réel des infrastructures
Le dimensionnement des ouvrages, les superficies aménageables et leur prix reposent sur des estimations.
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La capacité des communes
Le cofinancement communal est inscrit au montage, mais la garantie de sa capacité d'investissement n'est pas acquise.
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Le modèle économique du privé
CSF‑Bénin doit vivre d'un marché de l'équipement qui n'existe pas encore, auprès de producteurs dont la demande solvable reste à démontrer.
Le consortium doit encore consolider son identité : les rôles de chacun, les modalités concrètes du partenariat, restent à préciser dans les faits.
Le projet est lancé, mais les douze premiers mois prévus pour la mise en route conteront une toute autre histoire.
Acte II · La reconstruction